La couleur du mensonge, tome 3 : Le goût du danger – Erin Beaty

LegoutdudangerThe Traitor’s Circle, book 3 : The Traitor’s Kingdom — Lumen
Fantasy — Young Adult
22/08/2019 — 595 pages — 16 €

Faites tomber les masques… sans jamais abaisser le vôtre !
Sage Fowler, entremetteuse et espionne prodige, est désormais ambassadrice du royaume auprès du pays voisin de Casmun. Quelques mois après la bataille où elle a été gravement brûlée, elle se voit confier la mission de représenter le roi Raymond au cours de pourparlers avec Kimisara, leur ennemi de toujours.
Que de chemin parcouru pour l’ancienne tutrice des enfants royaux, à présent fiancée au capitaine Quinn… Mais face à des interlocuteurs réticents voire hostiles, la tâche s’annonce des plus ardues. D’autant que la reine de Kimisara, devenue régente depuis la mort de son époux, n’est pas dans une position idéale pour négocier… Et que nombreux sont ceux qui seraient ravis de la voir tomber.
Pris entre deux feux, Sage et Alex vont devoir mettre de côté leurs querelles d’amoureux et agir dans l’ombre s’ils veulent épargner à leur royaume une nouvelle guerre. Identités secrètes, machinations politiques et jeu de dupes passionné, le troisième et dernier tome de La Couleur du mensonge conduit plusieurs pays voisins à deux doigts du désastre. Le talent de conteuse d’Erin Beaty vous tiendra en haleine jusqu’à la dernière page !

La couleur du mensonge et Le parfum de la trahison font parti de mes meilleures lectures de l’année 2018. Quand Lumen a annoncé la parution du dernier tome de la saga, je me suis mis à compter les jours me séparant de mes retrouvailles avec ce formidable univers. J’ai finalement lu Le goût du danger dans le cadre du Pumpkin Autumn Challenge, et même si je ne fini pas cette saga sur un coup de cœur, elle rejoint Six of Crows et Les archives de Roshar dans la liste de mes sagas de fantasy préférées !

Commençons par le négatif pour finir sur le positif : si cette lecture n’est pas un coup de cœur c’est car, alors que j’avais hâte de retrouver Sage et Alex, j’ai été un peu déçue par une partie de la dynamique entre ces deux personnages. J’ai dans un premier temps été super heureuse de les voir toujours aussi amoureux et adorables, et en bien meilleurs termes que dans un tome 2 en partie rythmé par leurs disputes. Quelle ne fut pas ma déception en voyant donc un nouveau désaccord venir mettre à mal leur complicité. Les voilà encore à se faire des reproches ! Je sais que c’est un ressort scénaristique souvent utilisé par les auteurs dans les suites de saga : compliquer les relations amoureuses avec des chamailleries pour ajouter un peu de dramatique, de tension et même un peu de piquant. Mais c’est une chose que je n’apprécie que très moyennement, car cela donne bien trop souvent des sous intrigues un peu pénibles… Les prises de tête de Sage et Alex ne m’avaient pas dérangées dans le tome 2. Elles permettaient en effet de mettre en lumière des facettes du caractère de chacun et de faire évoluer leur amour (né dans des conditions difficiles qui les avaient pas la force des choses très vite rapprochés) vers une relation plus solide. Un point que les propos du personnage de maîtresse Rodelle expliquent assez bien dans ce tome :

« Si c’est ce qui t’inquiète, je pense qu’aucun de vous deux ne pourrait être assorti avec qui que ce soit d’autre, mais les évènements de Tegann ont scellé votre attachement bien trop rapidement, comme tendent à le faire les situations de vie ou de mort. Le temps de latence que vous a imposé l’armée était une bonne chose, car vous aviez tous les deux besoin de gagner un peu en maturité. »

Mais si les disputes du tome 2 étaient intéressantes et même nécessaires, je ne pense pas que ce dernier tome en avait lui besoin. Elles ne m’ont laissé qu’une désagréable impression de redondance, voire de retour en arrière, d’autant plus que la raison de leur querelle ne m’a pas du tout convaincue. La colère de Sage et son sentiment de rejet n’avaient pour moi aucun sens puisqu’Alex lui avaient déjà mainte et mainte fois prouvé la force de son amour. Qu’elle soit déçue par la décision du capitaine, passe encore, mais qu’elle se lamente pendant des jours, se braque et en vienne même à remettre en question leur relation ? J’ai trouvé ce comportement assez illogique pour un personnage pourtant si intelligent. Surtout qu’après tout ce qu’ils avaient vécu lors de leurs aventures précédentes, je pense que la jeune fille aurait pu être plus compréhensive… J’aurais vraiment préféré voir Sage et Alex former une vraie équipe dans ce tome plutôt que de voir leur relation parasitée par des enfantillages.

Heureusement, cette mauvaise passe ne devient rapidement plus qu’un mauvais souvenir et j’ai vraiment été satisfaite par la dynamique entre les deux tourtereaux dans le dernier tiers du livre. Si on met de côté ce petit incident, j’ai même beaucoup aimé le cheminement personnel des deux personnages principaux. Alex a franchi les obstacles et su se hisser parmi les meilleurs militaires de sa génération. S’il a toujours un peu de mal à prendre conscience de sa valeur, il finit enfin par s’autoriser à goûter au bonheur qu’il a mérité. Le personnage de Sage n’est pas en reste, car cette femme forte à également eu droit à une belle évolution. La jeune fille un peu trop entêtée et un poil égoïste du début laisse place à une fine observatrice et stratège. Au terme de la saga, elle est devenue une femme plus réfléchie et attentive aux autres, mais toujours aussi tenace et courageuse. Ce n’est peut être pas une grande guerrière, mais avec son esprit affûté et son caractère de feu, je n’aimerai vraiment pas la compter parmi mes ennemis ! Pour résumer, Erin Beaty nous offre des personnages humains et attachants, pour lesquels on prie tout du long tant on espère les voir heureux à l’issue de leurs aventures.  

Je suis également toujours aussi conquise par l’univers développé par l’auteure au fil de la trilogie, chacun des tomes étant l’occasion pour le lecteur d’en apprendre d’avantage sur un royaume et sa culture : Desmora pour La couleur du mensonge, Casmun pour Le parfum de la trahison et enfin Kimisara pour Le goût du danger. L’intrigue concoctée par Erin Beaty est aussi riche que son univers : machinations politiques, stratégies militaires, jeux de masques… J’ai beau avoir vu venir le rebondissement final, elle n’en est pas moins prenante et solide. Prendre pour cadre des négociations entre trois royaumes aurait pu être périlleux : un grand nombre de personnages est impliqué, chacun cherchant à défendre ses intérêts, et un nombre tout aussi important d’enjeux sont à prendre en compte…. Mais Erin Beaty mène son histoire d’une main de maître sans jamais perdre son lecteur dans toutes ces subtilités. Elle nous offre encore une fois un roman à couper le souffle.

EN BREF, LA COULEUR DU MENSONGE, TOME 3 : LE GOÛT DU DANGER C’EST :

Un final à la hauteur de la saga ! Même si ce dernier tome n’est pas un coup de cœur à cause d’une mini déception sur un point bien particulier de l’histoire, La couleur du mensonge s’inscrit définitivement dans la liste de mes sagas favorites. Tout du long, Erin Beaty a su nous offrir des personnages attachants, débrouillards et incroyablement humains ; un univers plaisant et riche ; et une intrigue fine et captivante. Les pages se dévorent à une vitesse folle, et on aimerait que la lecture dure encore et encore.

18/20

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